• Numéro TLM 123
  • Le soin digital

Spécialité : Réseaux

Date : 14/04/2021

Le soin digital

Avec la crise de la Covid, la téléconsultation aura permis 19 millions d’actes remboursés 

par l’assurance maladie alors que l’objectif sur la période était d’1 million. L’évolution 

des technologies a permis la réalisation de nombreux actes à domicile, dont l’efficacité ouvre de nouvelles perspectives

 

Les technologies arrivent au secours de notre santé. Déjà, le système ORL ainsi que certaines parties du corps peuvent être inspectés par l’œil de la caméra du smartphone, tablette et autre ordinateur portable. Gorge, nez et oreilles peuvent être observés par la lampe du smartphone, sous condition que ce dernier soit de bonne qualité et que le réseau soit performant. Il devient possible d’observer l’écoulement de ces zones et de diagnostiquer des pathologies, d’autant que l’œil de la caméra peut zoomer et améliorer la précision de l’inspection. Cependant, la détection d’otite ou de lésions internes reste complexe, la caméra ayant ses propres limites. De même, les organes tels que la peau, les pieds ou encore les zones génitales peuvent être soigneusement étudiés. Les plaies, éruptions érythèmes peuvent alors être diagnostiqués, tout comme les lésions sur les muqueuses ou encore la surface plantaire. Plus délicat, la palpation, qui nécessite l’intervention d’un tiers. Là encore, le toucher de zones ganglionnaires, du thorax ou de grosseurs sous-cutanées peuvent s’effectuer sous condition d’être guidé précisément par le médecin. Si le patient apprécie ce transfert de compétences, la fiabilité de la palpation d’un tiers n’égale pas celle d’un médecin. Elle permet tout au plus de confirmer une hypothèse.

uÀ l’ère des consultations connectées. Cette téléconsultation peut se compléter par l’utilisation d’objets connectés médicaux que les Français sont de plus en plus nombreux à posséder. Si la très grande majorité d’entre eux détiennent thermomètres et autres tensiomètres, utiles à la surveillance de l’évolution de certaines pathologies, les outils connectés se révèlent de puissants alliés dans la détection et le suivi de certaines maladies. Reste à bien les utiliser pour transmettre les données au médecin. Existants déjà depuis plusieurs années, ces objets médicaux connectés s’utilisent déjà dans des pharmacies mais s’invitent dans le quotidien des Français, chacun pouvant devenir son propre médecin. Jeunes pousses et autre start-up fourmillent d’idées pour nous rendre acteur de notre parcours de soin, certains ayant mis au point des solutions interopérables de façon à centraliser nos données médicales. A ce titre, une start-up française est parvenue à rassembler des outils médicaux connectés et les relier dans un cloud médical. Ce dispositif sécurisé est accessible au corps médical en charge du suivi des patients. 

uLe rôle décisif des pharmaciens. Entre autres innovations, un otoscope, permettant d’explorer toute la sphère ORL tout en prenant des images... Muni de plusieurs têtes interchangeables, l’outil est doté de spéculum jetable afin d’observer toutes les zones de façon très précise et d’offrir un rendu écran de haute qualité. Autres outils, un tensiomètre, un glucomètre, un dermatoscope mais aussi un oxymètre, afin de prendre le pouls et le taux de dioxygène du sang. Certains oxymètres permettent de réaliser jusqu’à 16 mesures biologiques, tels que la fréquence cardiaque, le gaz et le Ph du sang, se révélant ainsi très utiles pour les patients souffrant de maladies cardiovasculaires. Les téléconsultations seront réalisées dans un premier temps par les pharmaciens, le temps que ces derniers puissent former les usagers à l’utilisation de ces outils connectés via une application mobile. Pour l’heure, des outils tels l’otoscope permettent des diagnostics précis qui nécessitent l’aide d’un tiers pour faire les manipulations et, de son côté, le médecin peut aider et guider le patient à distance. Ce dernier devient alors pleinement acteur puisqu’il réalise une partie de l’examen clinique qui fait défaut à la consultation vidéo de base. Pour le médecin, c’est un gain d’efficacité, les données fournies permettant de suivre régulièrement les constantes d’un patient. 

La solution offerte par ces outils connectés est des plus prometteuses d’autant que la sécurité sociale et la HAS veulent que ces dispositifs soient remboursés. Reste un écueil, de taille : la manipulation de ces appareils peut induire en erreur, les uns pouvant s’inquiéter devant des résultats qu’ils ne comprennent pas, les autres étant susceptibles de penser que ces moyens ne nécessitent plus l’intervention de médecins...

Frédérique Guénot ■



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