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  • La télémédecine, une réponse qui s’impose

  • L’Organisation mondiale de la santé estime qu’elle est une pratique médicale à part entière. Sa particularité est de se pratiquer à distance. Le médecin n’est pas physiquement avec son patient. Il utilise les technologies de l’information et de la communication afin d’établir un avis, surveiller un malade ou encore prendre une décision thérapeutique. En 2009, le Code de la santé publique va plus loin. Il précise que des prescriptions de produits ou la réalisation de prestations ou d’actes peuvent être opérés via la télémédecine. Pour être légalement reconnue comme telle, cette pratique doit obligatoirement impliquer un ou plusieurs professionnels médicaux. Le décret dit Télémédecine du 19 octobre 2010 (Article R. 6316‐1 du Code de la santé publique) décline les conditions de mise en œuvre d’une activité de télémédecine selon cinq axes : u téléconsultation : consultation d’un patient par un médecin à distance, par exemple dans des localités difficiles d’accès ou en cas d’intempérie ; u télé-expertise : le professionnel de santé sollicite l’avis d’un ou de plusieurs professionnels médicaux pour diagnostic ou traitement ; u télésurveillance médicale : un professionnel de santé à distance interprète les résultats et suit les paramètres cliniques, radiologiques ou biologiques d’un patient ; u téléassistance médicale : assistance d’expert pour la réalisation d’un acte médical ; u régulation médicale : il s’agit pour les médecins du centre d’appels du SAMU de poser un premier diagnostic pour orienter les urgences, et éviter les prises en charge inutiles par les urgences.

    Quels que soient la pathologie, le type d’acte ou le patient, la démarche implique nécessairement que l’un des intervenants (au minimum) soit un professionnel de santé. Le patient doit en outre être informé de tous les échanges le concernant et aucune pratique de télémédecine ne peut être décidée sans son consentement. Pour les praticiens, la télémédecine est bénéfique d’un point de vue professionnel et personnel. La pluralité des acteurs de santé —secteurs ambulatoire, médico-social et hospitalier— qui interviennent dans les actes de télémédecine permettent une meilleure coordination des compétences, une reconnaissance des rôles de chacun ainsi que des transferts de connaissances. D’un point de vue personnel, le dialogue et les échanges d’expertises que permet la télémédecine entre praticiens et autres acteurs de santé diminue l’isolement des professionnels du secteur médico-social et des médecins en zone sous-dense. 

    La télémédecine est aussi une réponse à certains besoins du système de santé actuel. La meilleure prise en charge des personnes détenues en est l’un des chantiers prioritaires. Un système de vidéo-consultation pourrait éviter les transferts de la prison vers un établissement de santé —estimés à 800 euros l’aller-retour— pour de petits actes. Des économies de plusieurs dizaines, voire centaines de milliers d’euros par an, tout en rendant plus accessible l’offre de soins qui se trouverait au sein de l’établissement carcéral. Autre exemple, le développement de la régulation médicale pourrait aussi, à terme, désengorger les urgences hospitalières. D’autre part, la télémédecine participe à deux autres enjeux de santé publique : le développement de l’ambulatoire et la prévention. Elle limite la fréquence et la durée des hospitalisations ainsi que les événements graves. Par exemple, en Bourgogne, l’Agence régionale de santé a conçu une plateforme de santé pour diagnostiquer les AVC à distance.

    Dématérialiser ne signifie pas pour autant déshumaniser. Le patient est au cœur de cette nouvelle pratique de la médecine. Son accord est préalable à tout acte, il est informé dès que ses données de santé sont transférées à d’autres praticiens. Celles-ci sont anonymisées pour une sécurité et une confidentialité optimales. Les avantages de ces nouvelles techniques sont nombreuses pour les patients. Le parcours de soins comprend plus d’acteurs de santé, la prise en charge est plus rapide ou même simplement rendue possible dans les zones géographiques qui manquent de médecins et spécialistes. Ce nouvel outil de production de soins à distance est aussi primordial pour les patients qui ont du mal à se déplacer, ceux atteints de maladies chroniques, hospitalisés à domicile ou résidant en structures médico-sociales. Pour accompagner au mieux la mise en place de la télémédecine en France, l’Assurance maladie doit jouer un rôle en améliorant la prise en charge des soins. 

    F.G.

     

     

     

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