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  • Prévoyance du médecin libéral : sécuriser ses revenus en cas d’accident ou de maladie

  • Discipline :
  • Vie professionnelle
  • Auteur :
  • Julien Ferri
  • Date :
  • 30/01/2017
Tout professionnel de santé fait face à l’obligation de se préserver des aléas de la vie et de protéger l’avenir des siens en adaptant sa prévoyance. Afin de parer à toute éventualité, voici les réponses de Catherine Dorckel, responsable du service Prévoyance de L’UNIM (Union Nationale pour les Intérêts de la Médecine).

TLM : Pourquoi le  médecin libéral a-t-il intérêt à se doter d’une couverture prévoyance ?       

Catherine Dorckel : Les solutions proposées par la couverture prévoyance permettent au médecin libéral de sécuriser son activité et le niveau de vie de sa famille en cas d’arrêt de travail, d’invalidité ou de décès.

Exercer la médecine, c’est se rendre compte que l’accident ou la maladie peut toucher tout un chacun, à tout moment. Un arrêt de travail de longue durée ou une invalidité induit une perte de revenus qui peut être brutale et définitive et peut avoir pour conséquence une cessation de son activité ou une réorientation professionnelle.

En cas de décès, il convient de garantir à sa famille un niveau de vie inchangé. Pour toutes ces raisons la prévoyance apparaît indispensable.

Or il s’avère que le médecin libéral a une activité professionnelle intense qui lui laisse peu de temps pour aborder la question de sa couverture prévoyance. Et pourtant, il est indispensable d’y réfléchir et d’adopter les solutions adéquates.

TLM : Est-ce à dire que la protection sociale du médecin libéral est insuffisante ?         

Catherine Dorckel : Contrairement à un salarié, un médecin libéral bénéficie d’une protection sociale obligatoire versée par la CARMF, mais celle-ci peut s’avérer insuffisante :

  • en cas d’arrêt de travail, il faut attendre 90 jours pour pouvoir être indemnisé ;
  • le montant moyen de cette indemnisation pour un médecin cotisant à la tranche B est inférieur à 100 € par jour, soit moins de 3000 € par mois ;
  • en cas d’invalidité partielle, le médecin n’aura droit à aucune prestation ;
  • en cas d’invalidité totale, la pension d’un médecin célibataire sans enfant cotisant à la tranche B sera inférieure à 1500 € par mois ;
  • le capital versé en cas de décès est de 40 000 €.

TLM : Quelles solutions préconisez-vous ?  

Catherine Dorckel : Nous préconisons de faire un bilan complet et d’adapter la protection sociale complémentaire  en fonction de la  situation personnelle et professionnelle du praticien.

Cette solution doit permettre :

  • de couvrir les charges fixes et de maintenir les revenus nets en cas d’arrêt de travail,
  • de garantir un revenu correspondant à ses besoins jusqu’à la retraite en cas d’invalidité partielle ou totale,
  • de pouvoir se reconvertir en cas d’impossibilité d’exercer sa profession médicale en cas d’invalidité,
  • de protéger sa famille en cas de décès.

Dans l’allocation des garanties, nous conseillons de privilégier la couverture des risques lourds : invalidité et décès.

  • en privilégiant les garanties qui se déclenchent avec un taux d’invalidité bas. C’est le cas à l’UNIM : la rente est versée dès 10% ;
  • en vérifiant que la définition de l’invalidité se fonde sur des critères professionnels avec des barèmes spécifiques pour les médecins, selon la profession réellement exercée. Le barème d’un généraliste doit être différent de celui d’un chirurgien ;
  • en privilégiant les acteurs qui connaissent réellement le métier du médecin et adaptent les garanties aux spécificités de chaque praticien ;
  • en vérifiant que les prestations seront versées selon une logique uniquement médicale. A l’UNIM, la Commission Médicale Paritaire, composée de 3 médecins de l’association et de 3 médecins de l’assureur Allianz , détermine le taux d’invalidité selon une logique exclusivement médicale et confraternelle.

Si le médecin a une famille, une bonne couverture décès doit pouvoir assurer à cette dernière a minima un capital représentant une année du revenu brut et idéalement trois années de revenu net. On n’oubliera pas de rajouter des rentes d’éducation et de conjoint pour générer des revenus sur une longue durée, surtout si les enfants du praticien sont très jeunes.

TLM : Qu’en est-il de l’aspect fiscal ?                                                                                                                                           

Catherine Dorckel : Le législateur encourage la prévoyance personnelle au travers du dispositif fiscal Madelin. En clair, plus le taux marginal d’imposition est élevé, moins le médecin paiera cher pour sa couverture.

Par ailleurs, s’il souscrit une garantie pour payer ses frais professionnels en cas d’arrêt de travail, il pourra déduire la cotisation d’assurance de ses frais professionnels au titre de l’article 39 du Code général des impôts.

Dans tous les cas, c’est le praticien qui choisit à la souscription de bénéficier ou non du dispositif fiscal. Dans certains cas, il peut être pertinent de ne pas l’activer.

Julien FERRI

 

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